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Souche de cheminée : quand la reprendre et pourquoi elle fuit

La souche de cheminée est le point de la toiture qui concentre le plus de jonctions : maçonnerie, solin, couverture et conduit s'y rencontrent. Ce guide explique d'où vient l'eau, ce qui se reprend ponctuellement et ce qui impose une réfection complète de la souche.

Deux souches de cheminée en brique émergeant d'une couverture d'ardoises, vues depuis le toit
Une souche traverse la couverture : chaque face, chaque jonction et le sommet sont autant d'entrées possibles.

Marc Feraud, couvreur Publié le 20 septembre 2026

Souche de cheminée : par où l’eau entre

Une souche de cheminée est la partie maçonnée qui sort de la toiture pour abriter le conduit de fumée. Elle concentre quatre jonctions : la maçonnerie contre la couverture, le solin contre le mur, le couronnement contre le conduit, et l’enduit contre son support. L’eau s’infiltre presque toujours par l’une de ces jonctions. Elle traverse rarement la maçonnerie pleine, sauf si celle-ci est déjà très dégradée.

Le symptôme apparaît souvent loin du point d’entrée réel. Une tache sur le conduit en comble ou une auréole au plafond près de la cheminée : l’eau a pu courir le long d’un chevron avant de se montrer. Remonter jusqu’au point d’entrée demande souvent d’inspecter la souche depuis le toit, pas seulement depuis l’intérieur du comble.

Cette inspection distingue quatre désordres bien différents : le solin qui se décolle, le couronnement qui se fissure, l’enduit qui s’effrite, et la maçonnerie qui se délite en profondeur. Chaque cause est reprise dans les sections suivantes.

Coupe d'une souche de cheminée situant les trois entrées d'eau : le solin à la jonction, le couronnement en tête et l'enduit de la maçonnerie
Les trois chemins par lesquels l'eau entre autour d'une souche, du plus fréquent au plus discret.

Le solin et le contre-solin

Le solin est la pièce métallique, en zinc ou en plomb, qui referme la jonction entre la couverture et la maçonnerie verticale de la souche. Le contre-solin vient par-dessus : il recouvre le relevé du solin et s’engage dans une saignée creusée dans le mur. C’est la cause la plus fréquente des infiltrations autour d’une souche, et le mécanisme est toujours le même, détaillé dans notre guide sur le solin fissuré.

Le mortier de scellement est rigide. La maçonnerie et la charpente bougent chacune à leur rythme, sous l’effet de la chaleur et du gel. Le solin, coincé entre les deux, finit par se fissurer ou se décoller. Un solin décollé laisse un jour visible entre le métal et le mur, parfois si fin qu’on le repère au toucher.

Le plomb encaisse mieux les formes irrégulières d’une maçonnerie ancienne que le zinc, parce qu’il se façonne à la main sans revenir sur sa forme. C’est pour cela qu’on le retrouve souvent sur les souches anciennes, en rénovation. Reprendre un solin sans toucher au contre-solin ne suffit presque jamais. Les deux pièces travaillent ensemble : reprendre l’une sans l’autre expose à une fuite dès la première pluie forte.

Base d'une souche en brique rencontrant la couverture, avec la pièce métallique de jonction et un rouleau de membrane posé à côté
La jonction entre la maçonnerie et la couverture, refermée par le solin : la cause la plus fréquente des infiltrations.

Le couronnement, en haut de la souche

Le couronnement est la dalle, ou le chapeau, qui coiffe le sommet de la souche. Son rôle est simple : empêcher l’eau de pluie de s’infiltrer par l’épaisseur de la maçonnerie. Fissuré ou absent, il laisse l’eau entrer par le haut du mur. Elle descend ensuite à l’intérieur même de la maçonnerie, sur toute la hauteur de la souche.

C’est pour ça qu’un dégât lié au couronnement apparaît souvent en comble, sans aucune trace visible sur la façade. Une fissure de couronnement se repère rarement depuis la rue, mais se voit bien une fois qu’on est sur le toit, au niveau de la souche. C’est une des raisons pour lesquelles le contrôle qui repère le désordre tôt passe par une inspection depuis la couverture, pas seulement depuis le sol.

Une règle encadre aussi la hauteur de la souche par rapport au faîtage voisin, pour des raisons de tirage autant que de sécurité. Nous la vérifions à chaque intervention, sans qu’elle change la façon de reprendre un solin ou un couronnement abîmé.

Souche de cheminée en brique coiffée de sa dalle, sur une couverture de tuiles, dans un paysage de campagne
Le couronnement coiffe le sommet de la souche : fissuré, il laisse l'eau descendre dans l'épaisseur du mur.

L’enduit et la maçonnerie

L’enduit qui recouvre une souche protège la maçonnerie du dessous, tant qu’il reste bien accroché. Quand il s’exfolie, par plaques ou par écailles, l’eau atteint directement la brique ou la pierre en dessous. Les joints creux racontent la même histoire : le mortier a reculé, et l’eau s’infiltre entre les briques.

Une maçonnerie ancienne absorbe l’eau comme une éponge. L’hiver, le gel fait éclater ce qu’elle a emmagasiné, un peu comme une bouteille pleine qu’on met au congélateur. Une souche qui prend l’eau depuis plusieurs saisons se dégrade de l’intérieur, bien avant que ça se voie de l’extérieur.

Plusieurs signes ne trompent pas : une tache qui revient toujours au même endroit du comble, et du salpêtre blanchâtre sur la maçonnerie visible. Le mortier s’effrite dès qu’on le gratte avec l’ongle. Une souche dont l’enduit et la maçonnerie sont touchés en profondeur ne se répare plus par petites retouches.

Ce qui se répare, ce qui se refait

Une partie des désordres autour d’une souche se corrige sans toucher à la structure de la maçonnerie. Un solin décollé se reprend, ou se remplace, sans démonter la souche. Un couronnement fissuré se refait à neuf, en dalle ou en chapeau, sans reconstruire les murs en dessous. Un enduit abîmé se reprend par zones, et des joints creux se regarnissent un par un. Ces interventions ciblées suffisent tant que la maçonnerie elle-même tient encore debout.

La réfection complète de la souche s’impose dans des cas plus lourds. Quand la maçonnerie s’est désolidarisée par endroits, ou quand couronnement et enduit se détachent en même temps, une reprise ponctuelle ne tient plus. C’est aussi le cas si la souche n’est plus d’aplomb, ou si elle doit de toute façon être reprise pour un nouveau conduit. Dans ce cas, mieux vaut reconstruire proprement que multiplier les rustines qui ne tiendront pas.

Le tableau suivant résume les cas les plus courants.

Ce qu’on constateCe qu’on fait
Solin décollé ou fissuré, contre-solin qui a bougéDépose et reprise du solin et du contre-solin
Couronnement fissuré, mais maçonnerie saine en dessousRéfection du couronnement seul
Enduit qui s’exfolie par zones, joints creux localisésReprise de l’enduit et des joints, zone par zone
Maçonnerie désolidarisée, souche qui n’est plus d’aplombRéfection complète de la souche
Souche liée à un conduit qui doit être remplacéReprise de la souche en même temps que le conduit

Qui fait quoi : couvreur, fumiste, maçon

Trois métiers différents peuvent intervenir sur une souche de cheminée, chacun sur sa partie. Le couvreur s’occupe de tout ce qui touche à l’étanchéité au niveau de la toiture : le solin, le contre-solin, le couronnement, et la couverture autour de la souche. C’est notre rôle, et c’est là que nous intervenons le plus souvent.

Le fumiste, lui, s’occupe du conduit : le tubage et le ramonage. Il vérifie aussi la conformité de l’évacuation des fumées. Le maçon intervient quand la maçonnerie de la souche doit être reconstruite en profondeur, pas seulement reprise en surface. Ces trois interventions se recoupent souvent sur le même chantier, sans forcément se dérouler le même jour.

Nous assurons nos réparations de couverture autour de la souche, et nous orientons vers le fumiste ou le maçon quand le désordre dépasse notre partie. Un diagnostic clair permet de savoir lequel des trois métiers est réellement concerné.

Questions fréquentes

Comment savoir si ma souche de cheminée fuit ?

Les premiers signes apparaissent souvent en comble, sous forme d'une trace sur le conduit ou d'une auréole au plafond près de la cheminée. Le point d'entrée réel se trouve rarement au même endroit que la tache visible. Une inspection depuis le toit, au niveau du solin, du couronnement, de l'enduit et de la maçonnerie, permet de le localiser.

Faut-il démolir une souche de cheminée fissurée ?

Non, pas systématiquement. Une fissure limitée au couronnement ou à l'enduit se reprend sans toucher à la maçonnerie porteuse. La réfection complète ne s'impose que lorsque la maçonnerie elle-même s'est désolidarisée, ou que la souche n'est plus d'aplomb.

Qui intervient sur une souche de cheminée, le couvreur ou le fumiste ?

Le couvreur s'occupe de l'étanchéité autour de la souche : solin, couronnement, enduit et couverture environnante. Le fumiste, lui, intervient sur le conduit : tubage et ramonage. Si la maçonnerie de la souche doit être reconstruite, ce travail revient à un maçon.

Une souche inutilisée peut-elle être supprimée ?

Une souche qui ne sert plus peut techniquement être supprimée, mais ce choix touche à la structure du bâtiment, pas seulement à la couverture. La décision se prend avec un maçon, qui évalue ce que la démolition change pour la charpente et la toiture autour. Dans beaucoup de cas, reprendre l'étanchéité de la souche existante reste plus simple que de la supprimer.

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